Mon garçon, Xavier de Moulins

C’est un livre d’amour. L’amour que l’on porte à sa famille. L’amour que l’on porte aux souvenirs évanouis. L’amour que l’on porte à la femme de sa vie. Aux femmes de sa vie. A la mère de son enfant. L’amour que l’on porte à son enfant.

Mais ne pas savoir leur dire.

C’est aussi un livre sur la vie. Car « la vie sans amour ne vaut pas la peine d’être vécue« , comme disait l’autre…

La vie,

La vie,

La vie.

Et toutes ses questions.

Le livre commence par une épigraphe de Michel Houellebecq : « L’homme est un adolescent diminué« . C’est tellement vrai. Tout est presque résumé dans ces cinq mots. La peur, la maladresse, le manque d’expérience, le manque de courage aussi. Xavier de Moulins écrit « Certains pères sont toujours trop occupés par leur travail, trop occupés à devenir, trop dévorés par cette incapacité à être vraiment là« . Beaucoup se reconnaîtront dans cette phrase malheureusement. C’est donc aussi une histoire de père. Une histoire de père absent. Fuyant. En proportion il est vrai que nous avons beaucoup plus de souvenirs avec notre mère qu’avec notre père. Pourquoi ? Les mères sont plus présentes et plus généreuses, certes. Alors l’instinct maternel n’est-il vraiment réservé qu’aux mères ? Les porteuses de bébés ? Croyez-vous que les papas hippocampes ont un instinct filial renforcé car dans le couple c’est eux qui enfantent ? Mais alors où sont cachés les papas hippocampes parmi les hommes ? Ils existent. Quelque part.

Finalement dans ce roman trois grands thèmes se mêlent les uns aux autres :

  • L’AMOUR INCONDITIONNEL. L’amour toujours l’amour. Ce père raconte à la fois son amour d’autrefois, Carla, et celui d’aujourd’hui, la mère de son fils qui l’a quitté. Il raconte le bonheur simple du quotidien, le partage, les sourires, les soleils, mais aussi la nuit, les échecs, la peur de l’abandon, la rupture. Et puis bien sûr il est aussi question d’amour filial. Le titre du livre résume à la fois l’amour, les regrets, et le pardon. Il n’est presque jamais trop tard pour tenter d’être un bon père.
  • LA PAROLE. Dire ou ne pas dire ? Le dialogue. Le silence que l’auteur appelle « le jeûne du verbe« . Etre empêché. Ne pas avoir les clés. « Nous avons fait comme j’ai pu, sans trop de mots entre nous. Des grumeaux empêchaient tout dialogue« . Ou encore : « Ne pas dire les choses, c’est mourir à petit feu en attendant que l’autre vous achève« . Une seule solution ? Parler. Dire. Etre franc et honnête. L’auteur écrit :  « la clarté est le carburant de l’harmonie« . Cela m’évoque d’ailleurs un épisode personnel. Un jour un médecin m’a dit que j’avais une faculté d’élocution peu commune. Et que nous ne sommes pas tous capables de s’exprimer, ni de formuler ce que l’on ressent. Je l’ai écouté et pour une fois j’étais restée muette. J’ai compris le message bien plus tard.
  • VIVRE, MOURIR et RENAITRE. Les grandes questions philosophiques et existentielles qui virevoltent ici dans le décor de ce road trip plein d’espoir. Montez en voiture, on prend la route ! Comme si partir loin permettait de faire le point. Et cette phrase magique qui sonne comme un mantra : « Rien n’est plus merveilleux que la vie à condition de ne pas oublier de la vivre« .

Enfin chez Xavier de Moulins on aime le style littéraire, et les images poétiques. Et dans ce livre, la métaphoré filée sur l’eau. Quelle eau ? Celle du liquide par lequel on naît ? Sans eau aucune vie n’est possible, c’est bien ça? Les références à la natation inondent tous les chapitres du livre comme le refrain humide d’une chanson : « Le passé est un banc de requins« , « Qui ne sait pas nager ignore vivre« , « Apprendre à nager pour réapprendre à vivre« . De ces métaphores liquides aux papas hippocampes il n’y a qu’un battement de nageoire.

En définitive un roman touchant et tout en délicatesse sur les retrouvailles et la réconciliation d’un duo père-fils fragile, et qui par sa dimension didactique atteint une autre profondeur. Un père, à travers un long monologue intérieur, enseigne les leçons de son expérience de vie à son fils. N’est-ce pas le rôle de chaque parent après tout ? Protéger. Transmettre. Guider. Xavier de Moulins mêle très habilement fiction et problématiques existentielles sur la quête de soi et l’amour. Le mot de la fin lui revient : « Vivre, mon garçon, c’est mourir et renaître chaque fois. Tu verras« .

Mon garçon, Xavier de Moulins (Flammarion)

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