Avec Louboutin on prend son pied !

Voici enfin une exposition sur l’article de mode qui fait tant rêver les femmes et fantasmer les hommes : les chaussures ! Et pas n’importe quelles chaussures puisqu’il s’agit des créations de Monsieur Christian Louboutin. Eh oui THE BOSS sur le sujet ! Il s’agit de la première exposition consacrée au créateur français dont l’univers, le parcours, et le travail de trente ans sont mis à l’honneur au Palais de la Porte Dorée. Et comme il le dit lui-même « un soulier a bien plus à offrir que juste marcher« . Une exposition à découvrir depuis le 26 février, et à laquelle on a eu le temps de rêver confinés depuis notre canapé, et finalement la découverte n’en est que plus extraordinaire…

Enfant du quartier Christian Louboutin connaît bien le Palais de la Porte Dorée pour y avoir arpenté ses salons magnifiques, admiré son bas-relief monumental, et parcouru l’Aquarium tropical. Ce Palais Art Deco, bâti à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931, accueillait alors le Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie. Là, pour préserver les sols en mosaïques, un panneau d’interdiction de porter des talons marqua à jamais l’esprit de l’enfant qui garda en mémoire la ligne graphique du dessin, et qui l’inspira, quelques années plus tard, pour créer l’emblématique soulier Pigalle que tout le monde connaît.

Après cette antichambre comme point de départ du scénario se succèdent pas moins d’une dizaine de salles (chapitres) toutes plus incroyables les unes que les autres.

On découvre ainsi les sources d’inspiration du créateur, ses voyages et sa passion des arts 
décoratifs.

Un « musée imaginaire » rend d’ailleurs hommage aux oeuvres et artistes qui ont inspiré le créateur depuis son adolescence, des oeuvres à la fois multiculturelles et éclectiques.

On plonge littéralement dans son univers créatif à la fois fantaisiste, magique et enchanteurmais aussi impertinent, insolent et sulfureux.

Comment ne pas admirer avec des yeux d’enfant émerveillés le soulier de Cendrillon qui nous a tant fait rêver petite fille ?

Comment la glamorous Dita Von Tesse fait-elle pour s’effeuiller si joliment au sein d’un théâtre bhoutanais devenu cabaret burlesque ?

Comment ne pas sourire devant le reportage façon « Secrets d’Histoire » by Stéphane Bern, qui décode pour nous les symboles cachés d’un intérieur cosy typiquement british conservateur, à priori innocent ?

Enfin, comment ne pas se faire surprendre par la salle sombre interdite au moins de 16 ans où David Lynch aborde avec ses photographies la question du fétichisme et de la sexualité ?

Les photos artistiques de chaussures qu’on appelle gentiment « de lit », souvent importables (chaussures siamoises, chaussures menottes, à clous, etc…), donnent vie aux rêves empreints d’une lourde charge érotique. Les fantasmes. Et même là l’exposition parvient à rester dans la juste mesure, la suggestion subtile, zéro vulgarité, mais de l’Art, de la classe, comme une danse sur un fil.

On comprend ses processus créatifs originaux, ses prises de risque, ses innovations.

Son génie créatif est vraiment impressionnant . On accède aux coulisses presque secrètes avec notamment ses croquis et ses esquisses et on s’étonne de l’utilisation de matériaux inédits (bois de palmiers, peaux de poissons, etc…). Bravo aussi pour la mise en valeur des « petites mains » des ateliers sans qui rien ne serait possible : l’exposition met en lumière toutes les étapes de fabrication de la chaussure grâce à des vidéos originales où il se met lui-même en scène comme un personnage de dessin animé. Ok il est peut-être un peu mégalo, mais c’est drôle, impertinent, léger, humoristique et très didactique. On valide.

On découvre ses collaborations étroites avec des artistes et des artisans du monde entier.

Dès la première salle les savoir-faire français rayonnent. Paris brille comme capitale indiscutable de la mode et du luxe dans le monde. Quoi dire de ces magnifiques vitraux colorés ? Ils ont été spécialement créés par la Maison du Vitrail pour valoriser les huit éléments qui constituent le travail du créateur : Paris, le spectacle, la couture, les Arts, les voyages, l’artisanat, la sexualité, et l’innovation.

Dans la seconde salle on est dans un rêve. Des paillettes plein les yeux. La salle des trésors porte parfaitement son nom, comme un coffre fort de merveilles, de « bébés », de beautés, on ne sait même plus quel mot employer tant c’est un enchantement, un ravissement, extraordinaire de beauté et de rêve. Au centre, un escarpin gigantesque en cristal réalisé en partie par Stéphane Gérard, et situé sur un immense palanquin d’argent réalisé par des ateliers à Séville et en Inde, érige la chaussure en véritable objet d’art.

Dans la salle des « Nudes » Christian Louboutin rend hommage au travail de Whitaker et Malem, deux artistes spécialistes dans l’art de couper et coudre le cuir. Leur technique spéciale de sculpture prend vie avec neuf mannequins gainées de cuir dont on dirait de véritables peaux humaines. Absolument superbe. L’occasion aussi de rappeler combien Louboutin a été pionnier avec cette collection de chaussures en cuir couleur peau, lancée en 2013. Ces nudes ont permis de se fondre avec la peau de celle qui les porte pour prolonger de manière infinie ses jambes. Une façon de magnifier davantage les femmes, et d’affirmer aussi les identités et carnations du monde entier.

Au final on admire pas moins de 650 modèles, tous plus extraordinaires, et dans une scénographie très aboutie, extravagante, grandiose. Le visiteur en a vraiment pour son argent, et son temps (pas moins de 2h30 d’émerveillement), certains modèles étant exposés pour la première fois, ou faisant partie des collections patrimoniales du créateur. Et puis un immense merci aussi de nous autoriser à photographier en toute liberté. Une liberté qui nous permet de rentrer avec de beaux spécimens en boîte, limitant certainement la frustration des visiteurs en mal de budget pour s’offrir l’une de ces merveilles en boutique. Mais au delà de cette empathie imaginaire le créateur a bien compris l’immense pouvoir des réseaux sociaux pour accroître sa notoriété, et promouvoir davantage son travail, quoique… en a-t-il encore besoin ? Louboutin étant passé du rang de « marque » au dictionnaire moderne parmi les substantifs…

En bref une exposition absolument AMAZING ! EXTRAVAGANTE ! FANTAISISTE ! SULFUREUSE ! SURPRENANTE ! ON ADOOOOOORE ! Alors amoureux des chaussures et de la mode, fétichistes au shoes dressing débordants, chauvins fiers d’être français, ou tout ça à la fois, courrez-y !!

Palais de la Porte Dorée

Christian Louboutin : L’Exhibition(niste)

293 avenue Daumesnil

75012 Paris

 

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