S’émerveiller à l’Atelier des lumières

Fascinée depuis toute petite par les spectacles de sons et lumières et surtout les feux d’artifices j’avais dans l’idée depuis quelques mois de me rendre à l’Atelier des lumières à Paris. Actuellement à l’affiche une projection sur Klimt qui promettait d’être magnifique. Mais souvent ne sommes-nous pas déçus lorsque nos attentes sont hautes et que la sphère du tout Paris s’émerveille… ? Peu importe, il fallait nous rendre compte par nous-mêmes et le résultat est sans appel, courrez-y, c’est à vivre absolument !!

Un lieu industriel historique qui renaît de ses cendres

Ce lieu de projection artistique a pris ses quartiers au coeur de la grande halle de la Fonderie du Chemin Vert dans le onzième arrondissement de Paris. Cette fonderie de 3126 m2 a été créée en 1835 par les frères Plichon lors de la révolution industrielle. A son apogée elle emploie près de soixante personnes pour fabriquer des pièces en fonte pour les besoins des voies de chemins de fer et de la marine. Au fil des années la fonderie prospère et se transmet entre générations durant un siècle.

Malheureusement en 1929 la crise internationale et la concurrence de la soudure, de la forge et des premiers plastiques poussent l’affaire Plichon vers la fin. En 1933 la fonderie ferme définitivement et le terrain et les bâtiments sont vendus à la famille Martin, toujours actuels propriétaires. Ils utilisent alors le site pour une usine de machine-outils et la grande halle sert de lieu d’exposition jusqu’en 2000 quand l’entreprise déménage.

En 2013 Bruno Monnier, Président de Culturespaces découvre les locaux et leur potentiel. Il a immédiatement l’idée d’en faire un lieu d’art et de culture numériques en écho à son projet Les Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence. La famille Martin accepte de lui louer le site et après quatre ans de travaux pour rénover les lieux l’Atelier des Lumières est inauguré en 2018.

L’exposition immersive de Klimt,

Hundertwasser et Schiele,

une expérience féérique

Avec cette exposition de Klimt le spectateur voyage au coeur de la Vienne Impériale du XIXe siècle quand la vie artistique était rythmée par les spectacles, la musique lyrique et la littérature. A cette époque Klimt en tant que peintre décoratif s’illustre par ses décors précieux. Mais on retient aussi ses magnifiques toiles mosaïques aux palettes d’or et de fleurs, et ses portraits de femmes nues divinisées qui rappellent étrangement les icônes sacrées byzantines. Klimt devient alors le Chef de file de la Sécession Viennoise, s’inscrivant comme acteur majeur de cette révolution artistique. Plus tard, au XXe siècle, les peintres autrichiens Shiele et Hundertwasser semblent avoir hérité des influences de leur aîné, et les échos à son oeuvre sont évidents.

En pénétrant dans le noir de cette grande halle de la fonderie on ne sait pas encore vraiment à quoi s’attendre. Mais pas le temps de s’interroger trop longtemps car la musique et les images nous percutent instantanément. D’ailleurs tous les visiteurs ont la même attitude : le pas se ralentit, la tête bascule, les discussions se taisent, et les yeux s’émerveillent… Les toiles semblent s’animer, elles sont littéralement vivantes autour de nous, parmi nous, tandis que des détails jamais vus surgissent tout à coup et que les couleurs chatoyantes se reflètent partout sur les murs et les sols. Le spectateur est complètement immergé, placé au centre des peintures, des portraits et des paysages. Les jardins féériques où il manque à peine le parfum des fleurs tranchent avec le décor industriel de la fonderie. C’est un moment magique à vivre, on se croirait suspendu dans le temps par la poésie des couleurs et de la musique. Oui cette musique, enivrante, puissante, sacrée, y est pour beaucoup dans le voyage des rêves. Les oeuvres choisies sont sublimes, de Wagner à Beethoven en passant par Chopin, Mahler ou Puccini. Et sur la valse de Strauss on aimerait porter une robe de princesse comme Sisi et assister à un bal impérial. Depuis longtemps nous n’avions pas ressenti une telle émotion, une telle féérie, un tel émerveillement. Tous les visiteurs sont admiratifs, silencieux, plus aucun parisien blasé à l’horizon, certains s’allongent même pour savourer la beauté de l’instant avant le souffle d’applaudissements. En ressortant je garde en tête la mélodie triste d’un piano, une musique nostalgique magnifique : Etude n°2 par Philip Glass. Je reviendrai voir une seconde fois ce spectacle génial avec des yeux d’enfant émerveillée et le même plaisir. Un immense bravo à toute l’équipe de la Direction artistique et de la réalisation car le résultat de leur travail est absolument magique !!

Gustav Klimt

Atelier des lumières

38, rue Saint Maur

75011 Paris

Tel. 01 80 98 46 00

One thought on “S’émerveiller à l’Atelier des lumières

  1. Une téléportation vers un monde fantasmagorique, véritable feu d’artifice de couleurs et de notes, et que l’on n’a pas envie de quitter…

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