Ecrire une prosopopée

La prosopopée est une figure de style qui consiste à faire parler un mort, un animal, une chose personnifiée, une abstraction.

Contraintes : 30 lignes. Introduire une phrase avec des allitérations. Introduire une antonomase dans le texte (figure par laquelle on remplace un nom commun par un nom propre. Exemple : mon ami est un Harpagon (radin))

 

Cinq petites lettres et puis s’en vont.

 

Je nais dans ce « petit truc » inexplicable, dans l’impatience interdite, dans la soif et le manque de l’autre. On me murmure sur les lèvres des sourires séduits et dans les petites attentions du quotidien qui rythment le parfait tempo. En hiver je réchauffe les âmes et les lits comme un chocolat chaud onctueux et enveloppant. En été je joue sous les jupes des filles et j’admire les fleurs épanouies des pique-niques romantiques. Mes victimes vibrent, je les capture, elles se cabrent sous des émotions oubliées. Dans les draps épuisés j’ai laissé quelques souvenirs. Le fils de Vénus a décoché ses flèches. Quelques papillons colorés improvisent alors une danse dans les ventres noués, et des sourires puérils illuminent les visages réjouis.

Je me propage aussi dans les bouquets de roses, dans les effusions de parfums et je deviens solennel, presque cérémonieux, aux dates d’anniversaire. A mon contact certains hésitent, doutent, tâtonnent ou se méfient quand d’autres foncent, se jettent et emménagent. Tel un Don Juan je suis la fougue, l’ardeur, la folie, la passion, la chaleur, la flamme qui réunit les cœurs et les corps. Sous mon ivresse gavée de désir nombreux sont ceux qui balbutient, bafouillent, bégayent, appréhendent et s’embarrassent. Car face à moi vous êtes tous les mêmes, des enfants, des ados, des débutants, des écoliers, des nouveaux, des novices. Votre innocence est d’une fraicheur séduisante, la robe blanche de la pucelle naïve et pleine d’espoir avant les promesses lourdes du mariage.

Mais quelque fois le soleil flamboyant s’éclipse sous un voile de tristesse, et la douleur s’élève sous un ciel liquide d’où des larmes coulent tels des fleuves déferlants sur des vallons détruits. La jalousie, le mensonge, l’égoïsme, la lassitude, les non-dits et les quais de gare ont souvent raison de mon enthousiasme. Je risque alors de tomber dans un puits sans fond où la noirceur effrayante ne pourra se dissiper que grâce à l’envie, la bienveillance, l’effort, l’écoute et la parole. Mais parfois on oublie qu’il faut être deux pour former une paire car le couple est un duo, deux moitiés, une équipe, deux âmes-sœurs, un même souffle, et que malheureusement il n’en suffit que d’un pour rompre le lien. A la manière de « nous n’irons plus au bois », parfois nous ne vieillirons pas ensemble.

 

Au seuil du déchirement Cupidon ramasse ses flèches brisées ; trois petits mots (Je t’aimais) et puis s’en vont.

 

4 thoughts on “Ecrire une prosopopée

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