Une pièce loin du compte

Dans le dix-huitième arrondissement de Paris le théâtre de l’Atalante présente Un jour en octobre, une pièce de George KAISER mise en scène par Agathe ALEXIS, à l’affiche jusqu’au 13 février 2018.

Aucun de tous ces noms ne vous parle? C’est normal. Tout d’abord l’auteur allemand né en 1878 était connu pour ses dialogues philosophiques, ses tragi-comédies, ses drames historiques et ses romans. Ses soixante-quatorze pièces furent beaucoup jouées en Allemagne entre 1919 et 1933, mais après la guerre le public rejette ses oeuvres. Ensuite la metteur en scène, Agathe ALEXIS, fait ses études au Conservatoire d’art dramatique de Toulouse et devient actrice. En 1984 elle co-dirige avec un collectif de metteurs en scène l’Atalante, un théâtre d’essai créé dans les sous-sol du célèbre théâtre de l’Atelier à Paris.

Un jour en octobre

C’est l’histoire de Catherine (Ariane Heuzé), une fille-mère qui désigne le lieutenant Marrien (Bruno Boulzaguet) comme le père de son enfant. Hébergée par son oncle (Hervé Van der Meulen), un bourgeois de province à cheval sur les traditions et la religion (incarnée en la personne de l’abbé Jattefaux (Jaime Azulay)), elle va devoir affronter la vérité car le militaire déclare n’être jamais venu dans leur ville. Les personnages mènent l’enquête quand un garçon boucher (Benoit Dallongeville) revendique la paternité. Catherine reste persuadée de ce qu’elle déclare envers et contre tous.

Un résultat sans appel

Au bout d’une heure trente-cinq on ressort de là un peu surpris et décontenancé. Mon accompagnatrice me dit texto : « Je ne sais pas toi, mais moi je suis mitigée ». Une chose est sûre : pas de doute de mon côté parce que je n’ai rien aimé. La pièce est longue, on s’ennuie. Il n’y a aucun suspense, pas de rebondissements si ce n’est cette histoire d’amour réciproque qui naît entre deux des personnages. Mais absolument rien n’est crédible à vrai dire, ni le texte, ni l’histoire. La faute à qui? KAISER? Peut-être… mais alors pourquoi choisir de mettre en scène cette pièce?

Catherine en mythomane folle est chétive, fragile, mais elle n’embarque pas le spectateur dans son délire. L’oncle est peut-être le comédien le plus proche du personnage tel qu’il doit être joué mais son jeu est forcé, il surjoue. Ca manque d’authenticité. Le garçon boucher est moyen, sa diction souffre, et le comédien semble mal à l’aise dans son personnage à l’image de cette mèche de cheveux agaçante qui lui tombe constamment sur le visage. L’abbé précepteur est insignifiant, une ombre qui passe par là et délivre une phrase de temps en temps. Mais le pire est vraiment le lieutenant Marrien, un comédien pas du tout en phase avec son personnage. Son ton est nonchalant, détaché. Le comédien est bizarrement confus et désordonné. Son jeu n’est pas du tout juste ni crédible. Ca pose problème tout au long de la pièce et l’apothéose de sa maladresse réside dans ce semblant de retournement de situation quand il doit jouer l’amoureux éperdu de Catherine. Une blague. Même fleur bleue et romantique on n’y croit pas. On note aussi des problème de niveau de langage ; les vocabulaires employés par les personnages ne sont pas sur la même longueur d’onde ce qui complique encore l’adhésion du spectateur. Kaiser? Bref, ça déroute et ça endort.

Et puis pour finir même le décor n’est pas au niveau. Des panneaux ouverts dans des nuances de kaki fades laissent entrer et sortir les comédiens, quand certains restent hors champ sans rien apporter au jeu du centre scène. Le mobilier est de mauvais goût et n’apporte rien non plus. Les jeux de lumières ne sont pas aboutis, ça ne magnifie pas les comédiens, ni ne rythme la pièce. Pourtant il y avait de quoi faire pour créer une atmosphère autour du rêve et du désir. C’est décevant.

En bref un spectacle mauvais, complètement inégal, surjoué, décousus, sans saveur. Sans mauvais jeu de mot, une pièce loin du compte. Pourtant à la sortie les critiques sympathiques voire encourageantes s’affichent sur les murs. Sommes nous passées à côté du propos? Ca perturbe, alors on cherche les critiques sur la toile et on tombe sur celle du Télérama qui est finalement la plus juste, quoique « politiquement correcte », mais il est bien question de délire pur et dur, de manque de crédibilité, d’une mise en scène et de comédiens médiocres pour un rendu loin du but. Un théâtre d’essai qui est loin d’en marquer un.

Théâtre de l’Atalante

10 Place Charles Dullin

75018 Paris

Tel. : 01 46 06 11 90

3 thoughts on “Une pièce loin du compte

  1. … et même l’affiche est à l’image de la critique, pas alléchante… Next ! Heureusement, en matière de théâtre, nous sommes gâtés sur Paris.

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  2. Bien, vu, je suis d’accord. Mon « mitigé » du début a laissé la place au fil de la discussion à un « décevant »…

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