Un bijou d’hôtel particulier sur l’île Saint-Louis

C’est un trésor méconnu situé en plein coeur de la capitale, un bijou d’architecture du XVIIe siècle entre boiseries dorées et plafonds peints. L’hôtel de Lauzun, le seul hôtel particulier qui se visite encore sur l’île Saint-Louis appartient à la Mairie de Paris depuis 1928, mais c’est ses précédents propriétaires, dont le Duc de Lauzun, qui ont fait sa réputation. Visite exclusive.

Un petit Versailles en plein coeur de Paris

Depuis l’extérieur la façade sobre ne laisse rien présager des intérieurs richement décorés, si ce n’est les deux gouttières dorées à tête de poisson et le petit balcon en fer forgé. Une plaque à côté de la porte précise que l’hôtel abrite depuis 2013  l’IEA, l’Institut d’Etudes Avancées, dont la vingtaine de chercheurs en sciences humaines et sociales donne régulièrement des conférences sur leurs sujets d’étude.

Il est midi. Raymond Boulharès, gardien de l’établissement depuis quarante ans, nous ouvre le portail. Après quelques recommandations de respect des lieux la grande cour intérieure pavée s’impose. Elle est majestueuse. Un mur « renard », ruse architecturale, reprend même de fausses arcades et fenêtres pour dynamiser le mur mitoyen.

Une porte s’ouvre sur un bel escalier d’honneur, l’incipit d’une découverte merveilleuse. Au fil des marches, le décorum se fait plus riche, plus imposant, plus impressionnant, les sculptures et les peintures faisant subtilement écho à la mythologie. Une enfilade de salons et d’antichambres plus splendides les uns que les autres semblent même nous transporter dans les appartements d’apparat du Roi à Versailles.

On imagine facilement les événements qui rythment les étages : en journée les dames tiennent salon entre Seine et cour, tandis que le soir les musiciens perchés sur la mezzanine de la chambre de parade animent les fêtes. Tout ce petit monde festoie quand dans le boudoir des confidences se chuchotent derrière les portes dérobées…

L’hôtel de Lauzun, une histoire mouvementée

En 1657 l’hôtel particulier est discrètement construit par Charles Gruÿn des Bordes, commissaire de l’artillerie du Roi, enrichi illégalement en revendant les biens publics à son compte. Son blason de groin de sanglier s’inscrit encore dans les cheminées.

En 1682 le Duc de Lauzun, courtisan fréquentant la Grande Mademoiselle cousine du Roi, acquiert l’hôtel. Les parquets, les dorures, les boiseries, les fresques sont bel et bien le théâtre de soirées mondaines délirantes quand le Duc illustre le lieu de ses frasques extravagantes. Seules les statues connaissent les secrets bien cachés de l’histoire mais elles restent interdites.

Plus tard c’est Richelieu, puis quelques nobles qui en prennent possession. D’ailleurs parmi les habitants célèbres de l’hôtel de Lauzun on compte aussi la bohème artistique et littéraire dont Charles Baudelaire qui s’y installe comme locataire modeste sous les combles en 1843 ; il aurait composé là quelques poèmes des Fleurs du Mal. Il y reçoit aussi Théophile Gauthier et le club des Haschichins (Alexandre Dumas, Delacroix, Balzac, Gérard de Nerval et Flaubert) qui s’initie aux paradis artificiels.

En bref une histoire bien riche, à l’image de son décor. C’est véritablement un vestige Grand Siècle au style baroque magnifique. A ne pas manquer pendant les journées du patrimoine ou lors d’une conférence de l’IEA.

Hôtel de Lauzun

17, quai d’Anjou

75004 Paris

Tel. 01 43 54 27 14

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