Le grand musée du parfum n’a pas d’odeur

Après les rumeurs chuchotées dans les réunions culturelles parisiennes, c’est finalement la presse qui a annoncé l’événement il y a quelques semaines : « le grand musée du parfum va ouvrir ses portes à Paris ». Initialement prévu pour le 16 décembre, ce n’est finalement que le 22 que le musée a accueilli ses premiers visiteurs. Laissons nous guider par les fragrances du côté du Faubourg Saint Honoré.

Une atmosphère qui manque de personnalité

Se parfumer, un rituel de l’art de vivre français. Aussi quoi de plus logique que le huitième arrondissement de Paris à proximité du triangle d’or pour honorer la parfumerie française ? Juste en face du palace Bristol, l’ancien hôtel particulier de la maison de couture Christian Lacroix a été rénové pour accueillir le musée du parfum.  Mais le résultat est froid car scénographes et designers ont voulu en faire un lieu moderne, un lieu de recherche scientifique où les beaux volumes blancs immaculés semblent bien impersonnels. On est loin des cabinets boudoirs du XIXe siècle aux dorures, rideaux de velours, parquets luxueux et flacons précieux. Deux points positifs toutefois : l’accueil est très professionnel et très courtois, que ce soit à la caisse, dans les salles ou au contrôle sécurité. Et l’accès handicapé est bien fonctionnel.

Grand musée du parfum, Paris © Barbaravousenditplus

Un contenu plus que discutable

La galerie des séducteurs présente des couples mythiques. L’idée de découvrir Cléopâtre, Napoléon, ou Louis XIV sous l’angle de la parfumerie est judicieux mais l’espace est sombre et assez étroit au vu de la foule. Juste à côté, le cabinet des curiosité est une grande déception : les vitrines sont minuscules, les quelques flacons exposées ne sont pas du tout mis en valeur et leurs légendes sont illisibles. L’histoire de la parfumerie est très succinctement traitée par un film. Sujet bâclé.

A l’étage des flacons à poires sont censés permettre au visiteur de découvrir des parfums mais deux sur trois ne fonctionnent pas, comme le « Sofa des confidences » où un technicien s’affaire. A côté, une vidéo intéressante évoque le système complexe du cerveau qui mémorise les odeurs et les associe aux souvenirs mais ce n’est pas exactement ce que le visiteur est venu chercher. Il veut de l’expérience, du sensoriel, de l’émotionnel, de l’odorat.

A un autre étage les sphères de parfumeurs permettent à la fois de sentir les matières premières et d’en comprendre l’origine. C’est intéressant mais leur fonctionnement n’est pas très intuitif. Grande déception aussi du côté du « Jardin des Senteurs » dont tout le monde parlait ; il ne fonctionne pas non plus. Enfin, juste avant la salle d’interviews des maîtres parfumeurs qui s’écoutent parler, une salle obscure présente une installation moderne de l’orgue des parfumeurs entre faisceaux lasers et flacon de parfum. Aucun intérêt, cela n’apporte rien.

Enfin, au rez-de-chaussée, une boutique présente bon nombre de bouteilles pour se parfumer, mais malheureusement on y retrouve tous les parfums actuels de chez Sephora ou Marionnaud.

Le Jardin des Senteurs © Barbaravousenditplus

La boutique du Grand musée du parfum, Paris © Barbaravousenditplus

Un musée décevant, pas du tout à la hauteur

Le parfum comme art de vivre, c’est raté. Ce musée n’a de grand que le nom, un titre ronflant et prétentieux complètement injustifié. Ou alors est-ce la surface de 1400 m² qui est évoquée par l’adjectif qualificatif ? Les journalistes qui ont couvert l’événement nous promettaient « d’entrer dans les coulisses de la parfumerie », de « découvrir la dimension émotionnelle du parfum » et « le lien entre l’odorat et les émotions ». Résultat ce n’est pas vraiment ça non plus. Promesse client non tenue. On a plutôt l’impression de retrouver dans leurs articles des extraits du dossier de presse bien ficelé du service communication. En sortant on se dit inévitablement que le musée Fragonard de la rue Scribe est incomparablement supérieur.

Une chose est sûre l’ouverture du musée aurait dû être repoussée en janvier plutôt que de proposer une entrée à prix réduit. Plusieurs pôles d’expériences ne fonctionnaient pas et ne pouvaient être réparés pendant les fêtes de fin d’année. Le Musée a donc mis en place des visites guidées gratuites car évidemment la direction ne voulait pas manquer le chiffre d’affaires des vacances de Noël. C’est à se demander si à leur yeux plusieurs milliers de visiteurs mécontents à 9,50 € en décembre ne valent pas mieux que moins de visiteurs satisfaits à 14,50 € en janvier…

La boutique du Grand musée du parfum, Paris © Barbaravousenditplus

Le grand musée du parfum

73 Faubourg Saint Honoré

75008 Paris

Tel. 01 42 65 25 44

 

2 thoughts on “Le grand musée du parfum n’a pas d’odeur

  1. Musée ??? J’appellerais ça une poubelle rien ne marche. Au moins qu’ils facent une réduction sur les billets d’entrée si rien ne marche. Le PDG de ce lieu est une personne désagréable qui ne dit pas bonjour, il se prend pour je ne sais qui. A éviter 👎👎👎👎

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