Bom dia Rio!

On l’appelle le « Montmartre de Rio » tant son charme séduit les voyageurs de passage. Sur les hauteurs de Rio de Janeiro, à flanc de colline, Santa Teresa est une très belle découverte. Le quartier tient son nom du couvent des Carmélites dédié à Sainte Thérèse d’Avila. Petites rues en pente, vieilles façades historiques, ateliers d’artistes bohèmes, panoramas magnifiques et un tramway pittoresque pour sillonner les rues à la découverte de belles surprises.

Santa Teresa, un quartier au charme atypique

Il fait chaud à Rio ce jour-là et l’humidité matinale frise déjà mes cheveux. Je longe en voiture la plage de Copacabana où les cariocas sont déjà affairés à leur sport quotidien avant de m’engouffrer dans les rues animées du centre. Plus loin ça monte, et les grands buildings des hôtels laissent enfin la place à un quartier plus authentique. Ici commence le quartier de Santa Teresa. C’est un lieu fantaisiste, haut lieu culturel de Rio depuis que des artistes y ont installés leurs ateliers. Il règne ici une douceur de vivre, une tranquillité calme loin de l’agitation frénétique du centre. C’est une atmosphère unique empreinte de charme et de sérénité. Une sorte de chic authentique où le temps semble s’être arrêté. Quelques buvettes et vieux cafés d’époque ont rouvert leurs portes et deviennent le lieu de rencontre des habitants. Plus loin, des boutiques vendent les créations farfelues des artistes locaux.

Fresque du tramway de Santa Teresa

L’escalier de mosaïques de Sélaron

Lieu incontournable de Santa Teresa, le fameux escalier de mosaïques de Jorge Sélaron, un artiste chilien émigré à Rio pendant la dictature de Pinochet. Combien de photos de cette œuvre d’art à ciel ouvert ai-je vues avant de venir? Mais je n’imaginais pas la grandeur, ni la beauté, et encore moins la diversité des céramiques utilisées en provenance du monde entier. Quand Sélaron s’installe à Rio en 1980 dans une petite maison de Santa Teresa, il commence à décorer les 215 marches de l’escalier qui montent au couvent avec des carreaux de faïences. Il mettra vingt ans à finaliser son œuvre, la faisant vivre constamment en déplaçant des carreaux pour la modifier et en ajoutant des céramiques que les touristes lui envoient du monde entier. Il peint aussi, ces femmes noires, enceintes avec des ventres proéminents, sans jamais donner aucune explication. Il se représente lui même enceinte. Il était un peu fou ce « citoyen d’honneur de Rio » mais si talentueux que son escalier, classé monument historique depuis 2005, est désormais l’un des symboles de la ville.

Escalier Sélaron, Rio de Janeiro

"Vivre dans une favela est un art"

Maison typique de Santa Teresa, Rio de Janeiro

Maison typique de Santa Teresa, Rio de Janeiro

Je descends ces escaliers et j’admire toutes ces couleurs. La vie ici semble plus belle, plus joyeuse. Les petites maisons qui bordent l’escalier ont un charme particulier. Des baignoires remplies de terre ont accueilli autrefois des plantes et des fleurs. J’imagine combien l’endroit devait être alors encore plus enchanteur. Plus un seul espace vide. Tout a été recouvert d’azulejos, c’est splendide, comme une fresque gigantesque. En bas, quelques marchands vendent des bijoux et de l’eau de coco. Depuis la rue cet escalier incroyable semble happer comme des aimants les voyageurs émerveillés.

Marchands ambulants dans la rue et autoportrait de Sélaron enceinte

L’art de la recup’ par Getulio Damado

A quelques rues de là, je décide de découvrir Santa Teresa à bord de son tramway pittoresque, et je me réjouis à l’avance de découvrir le fameux aqueduc de Lapa. Mais malchance ; seulement quelques dizaines de mètres plus loin le chauffeur freine violemment et nous demande de descendre : la rame n’a plus de frein. Au vu de l’inclinaison des rues je me dis que nous avons évité l’accident catastrophique. Malgré tout ma déception est grande et je redescends vers la mer en voiture. C’est alors que je découvre un charivari d’objets  empilés sur un trottoir dans le corps d’une rame de tramway : bidons de lessive, bouteilles de produits d’entretien, tuyaux en tout genre, tôles ondulées, vieux vêtements, pots de peinture, etc… Et au milieu de tout ce bazar, de jolis personnages atypiques colorés. En regardant de plus près, je réalise qu’ils sont l’oeuvre d’un art de la récupération. J’admire avec attention tous les objets et les œuvres en cours de création. Par miracle l’artiste se présente et il prend la pose devant ses œuvres. Il est négligé, crasseux, vêtu de vêtements tâchés et décrépis. Mais il se moque de son apparence. Ce qui compte c’est l’art. Je lui achète deux personnages pour seulement 20 réals, soit 5€. C’est tellement dans l’air du temps de transformer tous les déchets que nous produisons. Quelle idée originale!

Tramway de Santa Teresa

L'art de la récup' par Getulio Damado

Les personnages de Getulio Damado

Vivre dans une favéla est un art

En quittant Santa Teresa ce jour là je me dis que je reviendrai bientôt pour approfondir mon coup de coeur de Rio. Comme le disait Sélaron, « vivre dans une favéla est un art » et tout ce qui est destiné à être jeté peut avoir une seconde vie quand on le transforme. Que ce soit des carreaux de faïence dépareillés ou des boîtes en carton usées, la créativité est partout autour de nous et il convient de la laisser s’exprimer librement. La beauté ne vient pas toujours de là où on l’attend ; la surprise, pas toujours du programme touristique établi. La rencontre et l’émerveillement sont les leitmotivs de mes voyages.

Message d'amour

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