Karl à la Pinacothèque

Karl Lagerlfeld à la Pinacothèque, vous en avez forcément entendu parler! Moi aussi et je me suis dit qu’une exposition photographique du directeur artistique de la maison Chanel serait forcément une belle visite. L’occasion de découvrir les talents cachés d’un personnage de la mode hyper médiatisé que l’on croit connaitre mais qui est plein de surprises.

Décidée à me rendre à cette exposition pendant les congés de la Toussaint, je préfère réserver en ligne malgré un prix onéreux de 14,50 € par personne pour éviter de faire la queue. Au passage je lis que le temps estimé pour la visite de l’exposition est d’une heure et je trépigne d’impatience.

A l’arrivée aucune file d’attente, nous entrons immédiatement dans cet espace froid et sombre de la Pinacothèque. Personne pour vérifier nos billets imprimés, si j’avais su… L’exposition débute par un bref texte d’introduction qui présente le parcours artistique de Karl Lagerfeld. ll est d’ailleurs présent : une grande image de lui en pied illuminé d’un halo bleuté inquiétant nous accueille. Puis quelques sérigraphies de Lou Doillon, Diane Kruger et Carla Bruni initient les portraits. Les formats sont grands, géants même pour certains. Je découvre quelques belles photographies des escaliers de secours de New-York, j’adore. Puis la Tour Eiffel (vive Paris!). Et je m’émerveille devant quatre grands formats presque abstraits. Il s’agit de quatre photographies d’une berline aux fenêtres teintées qui semblent refléter l’architecture moderne d’un bâtiment en verre. Le zoom, les angles et la couleur bleue du ciel sont superbes. Mon coup de cœur.

Karl Lagerfeld, A Visual Journey

Malheureusement s’en suivent des salles où le sujet n’est autre que Baptiste Giabiconi. Baptiste sensuel. Baptiste de face. Baptiste agressif. Baptiste de profil. Baptiste ici et encore là. Baptiste partout. Baptiste nu sous toutes les coutures. Où est le travail artistique là dedans? C’est sa muse, d’accord. Mais Karl Lagerfeld a même poussé son délire jusqu’à les réincarner, lui et Bianca Balti en héros homériques : torse nu et pagne antique pour lui, robe romantique et tresse majestueuse pour elle. Les poses sont sophistiquées, théâtrales, pas du tout naturelles, je n’aime pas du tout. C’est très artificiel. Il y a vraiment un décalage entre le thème des séries Le voyage d’Ulysse, et Daphnis et Chloé, et les poses. De plus il n’y a aucun panneau explicatif sur les raisons d’une telle création, le concept ou l’inspiration de l’artiste. C’est très pauvre pour le visiteur. Et les clichés s’enchainent sans aucun lien, aucune cohérence. Heureusement à la fin, quelques jolis photos de mode rehaussent le niveau : la beauté des mannequins et des tenues est magnifié par les lumières qui sculptent les reliefs.

Karl Lagerfeld, A Visual Journey

En bref, une exposition décousue et confuse dont on fait le tour en seulement 35 minutes. Le prix de l’entrée ne justifie pas du tout ce qui est offert au visiteur. En comparant avec les grands musées (Louvre, Pompidou, Quai d’Orsay), le même prix d’entrée offre au moins l’accès aux collections permanentes très riches. Ce n’est pas le cas  ici. Cela confirme encore une fois que la Pinacothèque attire toujours le visiteur avec ses têtes d’affiche séduisantes mais que si on gratte le vernis il n’y a pas grand chose en dessous. Vraiment décevant.

Karl Lagerfeld, A Visual Journey

Exposition Karl Lagerfeld, A Visual Journey

La Pinacothèque de Paris

28, place de la Madeleine

75008 Paris

Tel. 01 42 68 02 01

 

 

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