Un grand Velazquez au Grand Palais

Tout le monde a en tête quelques tableaux de Velazquez à l’époque de l’âge d’or espagnol au XVIIe siècle quand le sud de l’Italie, la Sardaigne et même le nord de la France étaient alors sous la domination de la couronne d’Espagne. Grâce à cette première exposition organisée en France sur le maître espagnol, il est intéressant de mieux comprendre son parcours et ses origines. Une belle visite à l’image des rétrospectives organisées par le Grand Palais à Paris.

L’exposition débute avec les oeuvres religieuses des maîtres espagnols, thème qui a inspiré bon nombre d’artistes tout au long des siècles. Et puis assez rapidement on observe des scènes plus humbles qui représentent la vie des tavernes (bodegon). Enfin, on défile devant les portraits officiels de la famille royale de Philippe IV.

L’influence des maîtres flamands est évident dans la peinture de Velazquez et on admire de grands clairs-obscurs qui donnent du caractère à des portraits et des paysages magnifiques de réalisme. Il s’agit du caravagisme, une influence moderne issue du célèbre peintre et qui prône le réalisme au dépend des canons esthétiques classiques. Les clairs-obscurs, l’absence d’arrière-plan et la distance quasi inexistante entre le spectateur et le sujet sont autant de caractéristiques de cette influence que l’on retrouve beaucoup dans l’oeuvre de Velazquez.

En 1610 il débute sa formation dans l’atelier du peintre Pacheco, un très bon pédagogue qui possède un réseau relationnel important parmi l’élite sévillane, atout majeur à une époque où les artistes doivent eux-mêmes se faire connaître pour rencontrer un protecteur puissant et décrocher des commandes.

En 1622 Velazquez tente une première approche auprès du roi mais ce n’est qu’un an plus tard qu’il intéresse son premier ministre qui l’appelle à la cour pour peindre son premier portrait du monarque ; il est alors immédiatement nommé «peintre du roi», le titre suprême à l’époque.

Puis en 1629 il voyage en Italie pour parfaire sa formation ; la beauté des paysages qu’il représente à son retour est effarante. Mais il rentre surtout pour continuer à peindre les portraits de la famille royale avec notamment le nouvel héritier Baltasar Carlos. Il est même intégré au projet du nouveau Palais, le Buen Retiro, pour la décoration des salons. Puis au fil des années il devient tour à tour contrôleur des travaux de l’Alcazar, fonctionnaire des bâtiments du roi et conservateur des collections royales.

Aujourd’hui on retient surtout le nombre de portraits réalisés à une époque où le pinceau était le seul outil qui permettait aux cours d’Europe de connaître le visage de la descendance royale. Et grâce à nombreux prêts des musées du monde entier (Vienne, New-York, Londres, Yale, etc…) on a la chance d’admirer également La Vénus au miroir, considérée comme la plus belle nuque de toute l’histoire de la peinture, le portrait du Pape Innocent X et les portraits de l’Infante Marie-Marguerite, mes préférés. On oublierait presque que cette étrange petite fille est le fruit d’une union consanguine entre le roi et sa nièce Marie-Anne qu’il a épousée après la mort de la Reine. Alors je me pose une question : Velazquez n’a-t-il pas été finalement le peintre d’un seul homme, le roi d’Espagne Philippe IV…?

L'infante Marie-Marguerite, Velazquez, Copyright RMN-GP

La Vénus au miroir, Velazquez, 1647-1651

Exposition Velazquez

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Tel. 01 44 13 17 17

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