Rêves de Van Gogh…

A découvrir à la Pinacothèque 2 de Paris depuis le 3 octobre, une superbe exposition sur le peintre hollandais Vincent Van Gogh. Mort à 37 ans il a, au cours des dernières années de sa vie, créé des toiles merveilleuses aux couleurs envoutantes, empreintes d’inspiration japonaise. Et c’est justement la particularité de cette exposition, révéler habilement comment le Japon et ses maîtres (dont Hiroshige qui fait aussi l’objet d’une exposition à la Pinacothèque) ont inspiré Van Gogh, et établir le lien dans son travail et celui des impressionnistes français.

Passée la longue file d’attente à l’extérieur, l’exposition est un ravissement. Avec une quarantaine d’œuvres de l’artiste, cette exposition est la première présentée à Paris et qui lui est totalement dédiée depuis plusieurs années. Pour la plupart des paysages du sud de la France, les toiles de Van Gogh sont colorées, lumineuses, et apaisantes. On a comme l’impression de nager dans un monde féérique où la flore, captivante, prend toute sa place. Et justement, ce qui est aussi intéressant dans cette exposition c’est que bien au delà des analyses fréquentes de la psychologie tourmentée du peintre, ici on préfère mettre en valeur ses inspirations japonisantes dans lesquelles la nature est magnifiée, souvent considérée comme le seul vrai sujet de l’art.

Avec de nombreux panneaux explicatifs sur les différentes étapes historiques de sa réflexion et grâce à des extraits de lettres envoyées à son frère Théo, l’exposition révèle le lien étroit entre des estampes japonaises et l’adaptation personnelle et artistique du Hollandais. Alors bien sûr ce n’est qu’une interprétation et quelques uns ne trouveront pas toujours une corrélation évidente entre les œuvres d’Hiroshige et celles de Van Gogh, mais objectivement certains parallèles sont troublants. De mon côté je reste persuadé qu’il a été très certainement inspiré de gravures japonaises, mais de là à dire comme le directeur de la Pinacothèque que lorsqu’il était dans le midi de la France il se pensait au Japon, il y a un grand pas quand même.

«Les impressionnistes aiment la peinture japonaise, écrit-il à Théo. Ils ont senti son influence. Alors, pourquoi ne pas partir dans un pays qui sera notre Japon, dans le Midi? Je pense que l’avenir d’une peinture moderne se trouve dans le Sud.»

En tout cas, ce qui est vraiment extraordinaire c’est que Van Gogh à réussi à assimiler des paysages et une inspiration tout en gardant « sa patte ». Ainsi, en observant d’un peu plus près les passerelles établies entre Hiroshige et Van Gogh, on note que ce dernier à ravivé les couleurs et précisé les traits et les contours (ses troncs d’arbres s’apparentent d’ailleurs presque à un dessin naïf d’enfant).

En mettant de côté les confrontations avec Hiroshige, j’ai apprécié cette exposition en prenant Van Gogh tout seul avec ses créations (par contre pour les plus ouverts au parallèle établi avec le japonais, n’hésitez pas à acheter le billet combiné des deux expositions : 17 €/personne en plein tarif, contre 10 € pour une seule des deux). Petit bémol toutefois sur la technique artistique car j’aurais apprécié avoir plus d’explications sur la méthode employée ; on nous évoque par ci par là une méthode de calque, mais rien de plus…

En dehors des grands tableaux connus comme les Tournesols dans un vase, la série des Autoportraits, Les Iris ou La chambre à coucher, cette exposition m’a permis de découvrir des toiles qui m’étaient inconnues, et j’en ai tout particulièrement appréciés trois : L’Oliveraie, les Troncs d’arbres dans l’herbe, et le Jardin de l’asile de Saint-Rémy. Avec ces paysages on mesure à quel point le peintre a du adhérer à la philosophie nippone pour laquelle la sérénité et la paix intérieure sont fondamentales. Alors a-t-il réussit à retranscrire ces sentiments avec son pinceau ? Oui et non. Oui car ses toiles sont reposantes et douces, mais l’homme a finalement toujours été fragilisé par ses délires, sa schizophrénie et ses troubles bipolaires au point qu’en 1889 il se fait interner à l’asile de Saint-Rémy. Aux dires des biographes, il a longtemps hésité lorsqu’il était jeune entre devenir pasteur ou peintre. Très égoïstement je dirais « heureusement il a fait le bon choix ! », quoiqu’en entrant dans les ordres il aurait peut-être finalement trouvé la paix de l’esprit, car sans être parvenu à trouver son calme intérieur il se suicide en juillet 1890.

Sa peinture est fascinante car avec les couleurs et les mouvements qui permettent aux éléments de la nature de fusionner pour créer un univers singulier, Van Gogh nous livre sa vision du monde, à la fois tourmenté et merveilleux. Et grâce à lui, de nouvelles voies graphiques s’ouvrent pour ses contemporains. Il écrit : « On aime la peinture japonaise, on en a subi l’influence, tous les impressionnistes  ont ça en commun ».

Pinacothèque 2

8, rue Vignon

75009 Paris

Tel. 01 44 56  88 80

7 thoughts on “Rêves de Van Gogh…

  1. J’hésite en fait car beaucoup d’autres me tentent bien comme « Carnaletto à Venise » au Musée Maillol, « l’Impressionnisme et la mode » à Orsay, ou encore « Paris vu par Hollywood » à l’Hôtel de ville… trop de choix!!

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  2. Ping: VAN GOGH | cette belle ombre

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