De la musique religieuse pour voix sacrées

Dans le cadre du Mois Molière qui s’est tenu à Versailles au mois de juin, je me suis rendue vendredi soir à l’église Saint-Symphorien dans le quartier de Montreuil pour un concert de musique classique qui alliait merveilleusement chant et piano pour le plaisir de quelques curieux débutants et autres mélomanes initiés opportunistes.

Deux œuvres nous ont été présentées : Rébecca de César Franck et le Psaume 42 de Félix Mendelssohn.

La première œuvre créée en 1880 sur un texte de Paul Collin est une scène biblique écrite à l’origine pour chœur et orchestre. Son compositeur, César Franck (1822-1890), organiste et compositeur belge reste l’une des grandes figures de la vie musicale française de la seconde partie du XIXe siècle. Son style romantique prend ici tout son sens car cette œuvre, remarquablement interprétée par la chorale Chant Libre et la soprano Marion Lebègue suscite l’émotion jusqu’au bouleversement. Cette sensation est encore confirmée par la sensibilité du piano-forte qui, en remplaçant le clavecin issu de l’époque classique, permet plus de contrastes pour amplifier les sentiments. Le Steinway & Sons n’est d’ailleurs pas passé inaperçu… Et j’encense aussi au passage la pianiste Claire Foison dont les études musicales furent récompensées par les premiers prix des conservatoires de Nantes, Versailles et Boulogne-Billancourt et les diplômes supérieurs d’enseignement de l’Ecole Normale de Musique de Paris. Imaginez-vous alors rien qu’un instant lorsque dans la profondeur de cette église les voix et le piano résonnent pour s’élever et nous transporter : impossible de lutter sans les poils qui se hérissent ; la hauteur de plafond et les fresques murales participent même à cette expression pour magnifier cette atmosphère unique. Placée au premier rang, la chorale semble imposante et forte et je reçois de plein fouet cette profusion de sentiments qui résonnent en moi. Marion Lebègue, soliste de talent participe encore à cette impression car sa voix de soprano retentit dans tout mon corps. C’est incroyable de voir avec quelle facilité apparente elle pousse les notes jusqu’à leur plus haut niveau de perfection avec un vibrato à rendre jaloux certains chanteurs propulsés sur notre petit écran comme des produits marketing. On dirait que chaque mesure de l’œuvre est poussée dans ses propres retranchements pour ne devenir que meilleure. C’est à se demander d’ailleurs si chacun naît avec les mêmes facultés, le même potentiel, les mêmes cordes vocales : avons-nous tous un talent caché qui ne demande qu’à éclore  à force de travail? Titulaire d’un Diplôme d’étude musicale de chant au CRR de Boulogne-Billancourt et d’un CAPES de musicologie, le parcours de Marion Lebègue est riche et varié avec notamment deux autres cordes à son arc : la clarinette et l’ethnomusicologie. Très talentueuse si bien qu’elle est aujourd’hui titulaire au sein du Chœur de Radio France, elle se produit parallèlement dans des rôles titres d’opéra de Ravel, Mozart, Puccini ou encore Offenbach.

La seconde œuvre, le Psaume 42 de Félix Mendelssohn n’est alors que la confirmation de la beauté de sa voix quand bien même les paroles en allemand me sont incompréhensibles. Cette pièce, écrite pour orchestre, chœur et soliste est un véritable chef d’œuvre de la musique religieuse que Félix Mendelssohn composa en 1839 comme cadeau de noces à son épouse, la fille d’un pasteur. Cet appel au secours d’une âme désespérée, assoiffée de Dieu semble improbable de la part d’un jeune marié mais il faut simplement la comprendre du point de vue d’un croyant. Selon l’un des chefs d’orchestre de l’époque, Ferdinand Hiller, « le pathos tendre et passionné qui règne dans toute cette composition a vraiment sa source dans une confiance exclusive en Dieu et dans un sentiment d’absolue soumission à sa volonté ». La mélancolie et les sentiments exprimés ne seraient donc que l’expression du bonheur que vivait le compositeur.

Quoi qu’il en soit, ces œuvres magnifiques ont été interprétées avec brio de la part de tous les protagonistes dont la chorale Chant Libre encadrée par des musiciens professionnels et son chef de chœur, Stéfan Rérat, professeur de chant et baryton. Ca semble presque incroyable d’ailleurs qu’un spectacle d’une telle qualité soit en accès libre. Et sous la pluie des applaudissements qui s’encourageaient et des bravos qui se répondaient en échos, on a même eu droit a un bis d’une partie de chaque oeuvre, comme si nous étions simplement entre amis, en toute intimité.

Le mot de la fin pour cette association de chant qui regroupe quarante cinq passionnés dans une dynamique artistique et pédagogique: le choix des œuvres et des compositeurs est varié (Messes de Mozart, Requiem de Fauré, Stabat Mater de Dvorjak…) et l’apprentissage de la technique vocale est méthodique à chaque répétition. L’idée est de mélanger les niveaux dans un esprit de cohésion de groupe pour que chacun progresse à son rythme. A bon entendeur !

Association Chant Libre

2 bis place de Touraine

78000 Versailles

Tel. 06 66 54 33 42

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