Prometheus hors jeu

Passionnée de science-fiction dans ce qu’elle a de plus fou en termes de scenarii de génie dans le genre Matrix et faute d’avoir un Avatar 2 à se mettre sous la dent, je suis allée voir Prometheus, le dernier film de Ridley Scott. Et bien quelle déception !! Le film ne tient pas du tout ses promesses alors décryptage de mon avis…

Au départ le synopsis semble passionnant : au cours d’une expédition, des spéléologues découvrent par hasard des peintures rupestres âgées de plusieurs centaines de milliers d’années. Regroupées avec d’autres fresques peintes dans des grottes à plusieurs endroits du monde, une équipe de scientifiques dresse un point commun qui révèle un indice sur l’origine de l’humanité sur la Terre. Grâce à un milliardaire passionné presque centenaire qui touche du bout des doigts son rêve de découvrir l’origine de l’homme, une grande expédition fascinante est menée à l’autre bout de l’Univers sur les traces de l’Histoire de la création. Mais un affrontement terrible les attend à destination.

Avec ce scenario couplé à un casting impressionnant qui regroupe Michael Fassbender, Charlize Theron et Noomi Rapace on s’imagine déjà un film détonant qui va scotcher tous les spectateurs au fond de leurs sièges. Mais malheureusement le film n’est pas abouti dans son dénouement car il ne répond à aucune des questions philosophiques captivantes que pose le scenario. D’où viennent les hommes? Qui est notre Créateur? Existe t-il une autre forme de vie ailleurs? Sommes-nous les seuls êtres vivants dans l’Univers?

Tout au long du film se succède une liste d’actions complètement improbables qui décrédibilise l’histoire, à commencer par le fait qu’à peine arrivés sur cette planète les pilotes du vaisseau décident de se poser dans une vallée qui sera comme par hasard le siège de ce qu’ils sont venus chercher. Bonne pioche du premier coup, quelle chance ! Puis à peine après avoir posé le pied à terre, ils découvrent une sorte de dôme au sein duquel ils entrent et où selon leurs appareils de mesure l’air est respirable : tout le monde retire son casque de protection qui renferme leur masque à oxygène : complètement douteux comme pratique pour des scientifiques avertis des dangers d’une telle mission. Mais la palme revient quand même à Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) qui au cours de l’action s’est faite fécondée à son insu par un Alien : elle décide, alors que la créature extra-terrestre est prête à sortir de son ventre, de se faire opérer dans une capsule chirurgicale qui va lui retirer l’embryon. Jusque là on reste captivé et complètement abasourdi par l’idée qu’une telle technologie pourrait un jour remplacer la main divine des chirurgiens mais on rigole presque lorsque complètement éventrée et à peine recousue elle court dans le vaisseau pour enfiler sa combinaison et repartir immédiatement en mission de reconnaissance à l’extérieur.

Globalement le jeu des acteurs principaux est plutôt convenable mais je pense que leur interprétation est entachée par un scenario irrégulier.

Noomi Rapace (Elizabeth Shaw) est la vraie belle révélation du film. Elle confirme pleinement son ascension cinématographique dans ses interprétations de personnages complexes (je n’oublie pas sa magistrale et torturée Lisbeth Salander dans Millenium). Dans Prometheus, elle marche parfaitement sur les traces d’Ellen Ripley joué par Sigourney Weaver dans Alien.

Idris Elba (Janek) reste juste et crédible en commandant de bord, quasiment le seul personnage lucide et réactif dans toute cette histoire.

Charlize Theron (Meredith Vickers) est presque insignifiante. On a l’impression que les directeurs de casting l’ont choisie comme une très belle plante sexy qu’elle est, mais son jeu est froid et son personnage n’évolue pas du tout au cours de l’action. Elle aurait pu interpréter diverses facettes de personnalité mais malheureusement elle reste linéaire du début à la fin.

Michael Fassbender (David) est vraiment troublant et dérangeant dans son rôle d’androïde. Malheureusement on saisit mal quel rôle joue David : binaire il est à la fois prévenant et attentionné et hypocrite voire totalement cruel au point de contaminer délibérément l’un des scientifiques de l’expédition sans que le spectateur n’en comprenne la raison et les enjeux jusqu’à la fin du film.

Malgré tout, le film est très abouti dans tout ce qu’il a de plus spectaculaire entre les décors pharaoniques (leur taille est équivalente à celle de l’Empire State Building !!), la création du maquillage et des prothèses, les technologies présentées à l’écran, les maquettes des Aliens et beaucoup d’autres effets spéciaux prodigieux encore magnifiés par la 3D. Cet aspect du film est vraiment hallucinant et les fans de science-fiction en ont pour leur argent !

En revanche de nombreux échos comme des rappels à d’autres films crèvent les yeux et ça n’est pas très original :

–  Dès le début du film la scène de réveil de Meredith Vickers qui sort de sa capsule vêtue de bandes blanches nous évoque le personnage de Leeloo dans Le cinquième élément. Idem pour la capsule chirurgicale dans laquelle Elizabeth Shaw subit une opération abdominale qui nous rappelle la capsule dans laquelle Leeloo est reconstituée à sa naissance dans Le cinquième élément.

– Au sein du dôme quand l’équipe d’explorateurs voit apparaître les fameux Ingénieurs, ces derniers se déplacent sous forme de pixels verts extrêmement rapides ; on a l’impression de voir rejouer une scène de Predator alors heureusement que l’action n’a pas lieu dans la jungle.

– Avec cette idée qu’une équipe est constituée pour être envoyée sur une mission quasi suicide sur une planète inconnue, on entend un peu se rejouer le scenario d’Armageddon.

– Pour finir, du début à la fin du film on se demande si Ridley Scott n’a pas été frustré de ne pas poursuivre la saga des Aliens qui ont suivi celui qu’il avait magistralement réalisé en 1979 : Alien, le Huitième Passager, tellement les redites sont nombreuses. Je pense notamment à l’androïde David qui fait écho à Bishop, à toutes ces scènes dans les couloirs du vaisseau où la tension est à son comble, ou à la salle des amphores où les Aliens sont en sommeil. Alors évidemment certains disent que Prometheus nous propose justement de découvrir comment les Aliens on été créés mais après Alien 4 la Résurrection, n’aurait-il pas mieux fallu se concentrer sur cette histoire mythologique des Ingénieurs qui finalement n’est pas assez développée?

D’ailleurs à la fin du film, rien ne nous explique vraiment pourquoi nos créateurs ont décidé de détruire l’humanité. Nous trouvaient-ils imparfaits ? Les avons-nous déçus ? La légende est superbe mais je reste sur ma faim… même si un second opus est certainement à envisager puisqu’à la fin du film David et Elizabeth repartent pour une autre planète sur la trace du Créateur. En espérant que la suite ne s’enfoncera pas dans les abysses des navets de la science-fiction. 

Quelques critiques de cinéma :

Le Monde par Nicolas Schiavi : Le film ne parvient jamais véritablement à transcender ses multiples sujets, même s’il propose ce qu’il y a de mieux en termes de divertissement spectaculaire et viscéral. Ridley Scott reste un grand réalisateur de la claustrophobie et de la tension dramatique, mêlant intelligence du propos et démesure esthétique avec brio.

Le Parisien par Hubert Lizé : « Prometheus » est d’abord un choc visuel, d’une beauté crépusculaire, qui exploite à fond tous les codes de la science-fiction et de l’horreur. (…) On a beau ne pas tout saisir des subtilités de l’histoire, c’est avec un plaisir évident qu’on s’abandonne aux affres de l’angoisse.

Mad Movies par Laurent Duroche : Si « Aliens, le retour » était la séquelle idéale, « Prometheus » n’est pas loin d’être la préquelle parfaite (…) en ce qu’il suscite des interrogations bien plus passionnantes que les réponses qu’il était censé amener.

Les Fiches du Cinéma par Michael Ghennam : Ridley Scott revient à la science-fiction séminale de ses premiers films. Une bonne nouvelle que gâchent un scénario balbutiant et un besoin, finalement artificiel, de rattacher « Prometheus » à la mythologie « Alien ».

Ouest France par la rédaction : si la déception est évidente sur le contenu, impuissant à installer magie, féérie et décontenancement, dans la forme Ridley Scott reste un habile producteur d’images abouties et travaillées. Ambiance et atmosphère. Dans la grisaille et dans le noir, il installe à l’écran un univers fécondé par les prouesses des effets spéciaux.

Critikat.com par Matthieu Bareyre : C’est le film d’un vieux styliste qui, à défaut de retrouver le patron qui a fait ses succès, brode à partir d’imitations. Et l’original semble à jamais perdu.

Filmactu par Marion Plantier : « Prometheus » est un film hybride et sublime, bâtard et magistral, où se confondent les origines d’une saga plus que mythique, en même temps que les prémices d’une autre légende dont on attend beaucoup.

Télérama par Frédéric Strauss : S’il excelle toujours dans le cinéma de genre (…), [Ridley Scott] donne à « Prometheus » un rythme souvent contemplatif. (…) Il s’agit de mettre un peu d’âme dans le sensationnel, et ça fonctionne.

Prometheus de Ridley Scott (2011)

Avec Noomi Rapace (Elizabeth Shaw), Idris Elba (Janek), Charlize Theron (Meredith Vickers), Michael Fassbender (David)…

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