Marilyn en toute intimité…

L’Histoire

Adaptation du roman de Colin Clark, My Week with Marilyn raconte comment est née la relation amoureuse entre l’actrice mythique et Colin Clark qui se sont rencontrés sur le tournage du film Le Prince et la Danseuse. Au début de l’été 1956, ce jeune-homme de 23 ans rêve par dessus tout de percer dans l’industrie du cinéma. Il commence alors une première expérience en tant que troisième assistant réalisateur sur ce film, expérience qu’il relate dans son journal intime. Presque quarante ans plus tard son journal est publié mais il y manque une partie. Aujourd’hui c’est justement cette semaine que Simon Curtis, le réalisateur, nous présente.

Marilyn Monroe est à l’époque en voyage de noces suite à son mariage avec l’écrivain Arthur Miller quand elle commence le tournage. Ce dernier quitte l’Angleterre, laissant sans le savoir le champ libre à Colin Clark qui profite de cette absence pour faire découvrir à Marilyn les joies de la vie anglaise. Celle ci, désespérée entre son manque de confiance en elle face à la pression du travail et son éloignement d’ Hollywood entame une idylle éclair mais intense avec le jeune-homme.

Le film

Trois couples à priori improbables mais très intéressants présentés dans le film méritent qu’on s’y attarde :

– Marilyn et Colin: leur duo de premier plan met en scène leur relation passionnée dans tout ce qu’elle a de plus superficiel et malgré tout sincère. Il devient peu à peu son confident et alors que ses démons reviennent la hanter, c’est auprès de lui que Marilyn trouve du réconfort. Bien sûr c’est elle qui tient les rênes de cette relation mais qu’il est agréable parfois de lâcher prise face à son idole parce que bien que partagé entre sa raison et ses sentiments, Colin a aussi conscience de l’immédiateté de cette rencontre et de son caractère éphémère. Et n’est-ce pas justement quand les expériences sont périssables qu’elles sont les plus intenses? Je pense que c’est justement dans le caractère de ce qui ne dure pas que les émotions sont décuplées. Mais au delà de la romance platonique exposée à l’écran, c’est la touchante et troublante Marilyn vue à travers les yeux d’Eddie Redmayne (Colin Clark) qui est passionnant. Débordant d’admiration pour l’icône, il est, au fil de ce tournage, tantôt charmé par sa beauté, tantôt ému par sa fragilité, mais aussi captivé par son talent d’actrice. Son jeu d’acteur est juste, authentique et son soupçon d’innocence est adorable.

– Marilyn et Paula Strasberg: leur binôme présente une relation de confiance entre une artiste et son coach. Paula lui fait faire des exercices, l’aide à répéter son texte et lui donne des conseils précieux pour qu’elle reprenne confiance en elle face au trac. Parfois pleine d’affection et de tendresse telle que le serait une mère, Zoé Wanamaker joue une Paula cajolante et réconfortante face à une Marylin triste et angoissée, mais elle sait aussi être autoritaire et protectrice pour couvrir  l’actrice face à la production pressante.

– Marilyn et Sir Laurence Olivier: c’est le film Le Prince et la Danseuse qui les a réunit. Mais leur relation est électrique voire chaotique en raison des caprices de l’actrice: souvent en retard, souvent perdue dans son interprétation ou ne sachant pas son texte, elle est aussi profondément abattue et bouleversée par les médicaments qu’elle consomme en grand nombre. Kenneth Branagh incarne magnifiquement son personnage de Sir Laurence Olivier, obsessivement ponctuel, impatient et directif, et qui a néanmoins pu compter sur son assistant Clark pour raisonner Marilyn et terminer le film. L’acteur a reçu un prix du London Critics’ Circle 2012 pour celui du meilleur acteur dans un second rôle.

Inutile de confirmer l’avis général qui fait l’éloge de l’interprétation superbe de Michelle Williams. Celle-ci a d’ailleurs, plutôt que de faire du play-back, choisit de s’entraîner au chant et à la danse pour parfaire son rôle et on a le plaisir d’entendre sa voix sur quelques titres célèbres. Nominé douze fois, le film a été récompensé par quatre prix dont trois pour celui de la meilleure actrice de comédie aux Golden Globes 2012 pour Michelle Williams, récompense que la véritable Marilyn avait elle même reçu en 1960.

Alors bien sûr les clichés vont bon train, mais n’aurions nous pas été déçus s’il en avait été autrement? Et comment passer outre d’ailleurs après le nombre incalculable de documentaires, reportages, articles, livres et analyses qui ont été consacrés au mythe Marilyn??

Ce film est donc une véritable lettre d’amour, une vue authentique de Marilyn depuis la perspective de Clark, d’autant plus que de nombreux décors sont originaux au véritable tournage du Prince et la Danseuse de 1956: les studios de Pinewood, Hatfield House, le château de Windsor, les rives de la Tamise, l’université d’Eton, et Parkside House qui fut la résidence de l’actrice pendant son tournage.

Et même s’il est vrai qu’en termes de manipulation elle a certainement été très habile, sachant user des ses charmes et de son glamour pour parvenir à ses fins (rien ni personne ne lui a résisté), ce que je retiens de ce film c’est la fascinante Marilyn. A la fois déprimée et instable, elle est aussi tout simplement une femme, une actrice, qui doutait en permanence et qui avait besoin qu’on la rassure sur son talent. Star d’Hollywood célèbre et adulée, elle a fait se déchaîner les foules et les hommes en les croisant sur son passage et pourtant combien a-t-elle été seule et isolée !

Quelques critiques de cinéma

L’express par Christophe Carrière: « Non content de découvrir une Marilyn irrésistiblement manipulatrice, on se régale des coulisses d’un tournage sous haute tension, avec des acteurs à la taille exacte de leurs personnages : Kenneth Branagh autoritaire et égocentrique comme l’était sir Laurence Olivier, Julia Ormond dignement énervée comme l’était Vivien Leigh, et Michelle Williams dans le rôle-titre, troublante et fascinante comme l’était Marilyn ».

Télérama par Louis Guichard: « L’idylle platonique et éphémère avec l’actrice dont se targue Colin Clark n’étincelle pas davantage qu’à l’écrit : le degré d’analyse est trop superficiel, tous les clichés sur Monroe y passent. En revanche, le film est une petite machine à faire rêver au tournage du Prince et la Danseuse ».

Première par François Grelet: « Pas vraiment un biopic ce My Week With Marilyn, mais bel et bien l’autopsie d’un mythe vacillant raconté à travers les yeux d’un jeune troufion de l’industrie du cinéma. Un idéaliste galvanisé par sa percée dans le monde des paillettes regardant une star en pleine crise existentialiste ».

Le Figaro par Olivier Delcroix:  » Le ­cinéaste Simon Curtis suit de près la plus attachante des stars hollywoodiennes, révèle ses fragilités, mais aussi sa sensibilité et son charme furieux. Délicieuse comédie anglaise doublée d’une love story au cœur d’un tournage de légende: My Week With Marilyn a tous les arguments pour plaire ».

Sorti depuis le 4 avril, le film ne passe plus que dans seulement une dizaine de salles dans toute l’Ile-de-France alors pour vous faire une opinion, courrez le voir !!

My Week with Marilyn, de Simon Curtis

Avec Michelle Williams (Marilyn Monroe), Eddie Redmayne (Colin Clark), Kenneth Branagh (Sir Laurence Olivier), Julia Ormond (Vivien Leigh).

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